Retour d'expérience sur mon inscription à une AMAP

-- Tranches de vie --

Ca faisait quelques années que l’idée me tentait et, depuis septembre, ça y est, j’ai sauté le pas… Je me suis inscrite à une AMAP !

Une AMAP, mais qu'est-ce que c'est ?

Pour ceux qui ne connaitraient pas, une AMAP, c’est une Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne. Concrètement, c’est une association qui implique un ou plusieurs agriculteurs d’une région (producteurs de fruits, de légumes, d’oeufs, de viande...) et qui organise chaque semaine la distribution d’une partie de leur production auprès de ses adhérents - de la même région bien sûr. En échange de quoi, les adhérents paient bien évidemment les produits qu’ils reçoivent, à l’année, assurant un revenu régulier aux producteurs et donnent un coup de mains pour organiser la distribution et parfois même directement un coup de mains aux producteurs, le temps d’une journée ou deux sur leur exploitation.

Bon, c’est une description hyper rapide et sans doute pas très exhaustive, mais vous voyez l’idée. Concrètement, ce qui m’intéresse là-dedans, c’est le fait que ça me permette de consommer local et de saison et donc de limiter mon impact carbone, de soutenir des producteurs locaux et d’avoir accès à des produits frais, de qualité, issus d’une agriculture raisonnée ! De mon côté, je suis donc inscrite pour un panier de légumes (environ 5kg chaque semaine, à deux à la maison on a intérêt à être efficaces dans notre consommation) et des œufs. 


Se lancer

Du coup, si c’est si bien que ça, pourquoi avoir hésité depuis quelques années ? Bon, déjà parce que je n’avais pas forcément une AMAP pas loin de chez moi, ça joue. Mais surtout parce qu’on ne sait jamais trop ce qu’on va avoir comme légumes - ce qui n’est pas très pratique quand on aime prévoir les repas de la semaine, faire les courses en conséquence, qu’on a quelques plats super pratiques qu’on aime bien… - et surtout que je savais que j’allais avoir, à un moment ou un autre, des légumes que je n’aime pas du tout. Au hasard, en automne-hiver. Vous voyez bien de quoi je parle. Des machins avec des formes bizarres dont je n’aurais jamais entendu parler. Des salsifis, des rutabagas. Voire pire. Du céleri.

Mais bon, on a pris notre courage à deux mains et on a sauté le pas. Et pour le moment, franchement, c’est pas si horrible. J’aurais beaucoup de choses à vous raconter sur le sujet : les réussites et les échecs (parfois assez cuisants), la composition du panier de chaque semaine et ce en quoi il a été transformé, mais ça va finir par faire très long. Du coup je vous propose pour commencer un récap des points positifs et négatifs de mon expérience de l’AMAP et puis au fil des saisons on parlera plus en détail des paniers !



Le moins chouette

On ne va pas se mentir, ce qui avait été anticipé est arrivé : il y a eu des moments de grande perplexité face à des légumes inconnus, il y a eu des légumes qu'on n'a vraiment pas aimés, il y a eu... du céleri. Prendre un panier AMAP, c’est être confronté à des machins biscornus qu’on croque du bout des dents en espérant que ça ne sera pas de la même famille qu’un truc qu’on déteste. Prendre le risque de ne pas trop aimer son repas ou de jeter, si c’est vraiment un truc atroce.

Une chose que je n’avais pas anticipée, c’est le fait d’avoir les mêmes légumes plusieurs semaines d’affilée. Ça parait assez logique avec le fait de consommer une production de saison, mais j’avoue qu’à la troisième dose d’épinards (800g d’épinards frais, vous imaginez quel volume ça fait ?) en quatre semaines, j’ai commencé à me dire que le producteur ne nous aimait vraiment pas. On a à peine le temps de célébrer le fait d’en avoir libéré le frigo qu’on en rempli de nouveau une demi-étagère d’un tas de verdure. Difficile pour le moral ! J’aurais apprécié avoir une semaine de pause entre deux épreuves du genre, mais globalement c’était quand même gérable. Et le plus souvent, soyons honnête, ça varie quand même !

Le contenu du panier une semaine donnée n’est pas hyper varié : on a entre 4 et 6 légumes différents (le plus souvent 4 ou 5), plus des pommes de terre (1,5kg toutes les semaines ; vous êtes les bienvenus pour une raclette à la maison quand vous voulez, on ne s’en sort pas). Difficile, donc, de varier les légumes d’un jour à l’autre et entre le midi et le soir. Du coup c’est souvent nécessaire pour nous de compléter par quelques courses de légumes quand même. Ces dernières semaines, je tente une alternative, en consommant, en gros, la moitié d’un panier et la moitié du panier précédent chaque semaine, comme ça il y a plus de variété, c'est pas mal.

Ça prend du temps - logique, mais ça vaut le coup de le mentionner. Il faut aller chercher le panier toutes les semaines, une fois par trimestre on participe à composer les paniers, on a globalement des légumes qui prennent plus de temps à cuisiner : il faut souvent les laver un peu plus franchement que les légumes qu’on trouve en supermarché, il y a un peu de réflexion à avoir pour trouver de nouvelles recettes quand on tombe sur un légume qu’on ne consomme pas habituellement et en proportion on consomme moins de légumes surgelés, donc il y a plus de temps de coupage/cuisson. Du coup, c’est quand même un investissement.



Le plus chouette !

Le principe, déjà. C’est bête, mais chaque semaine, je fais une petite bonne action qui, à une toute petite échelle, donne un petit coup de pouce écologique et soutient des producteurs qui sont dans une démarche qui me parle - et ça c’est pas rien.

J’avais peur que ça soit très contraignant par rapport à l'organisation habituelle des repas, mais en fait ça a surtout demandé un peu de réajustement : attendre d’avoir le panier de légumes pour réfléchir aux repas de la semaine en prévoyant des repas incluant les légumes du panier, constituer la liste de courses en conséquence, changer un peu des recettes habituelles quand on a des légumes qu’on n’a vraiment pas l’habitude de consommer… Ceci étant, comme je suis une fervente défenseuse des recettes simples et assez versatiles, j’en ai quand même beaucoup dans mon répertoire qui tolèrent parfaitement un remplacement de légumes (le one pot pasta à la truite, par exemple, qui peut aussi bien fonctionner avec des courgettes, du brocolis, des épinards ou des poireaux).

J’y trouve un vrai plaisir de découverte : il y a le petit côté surprise de découvrir son panier chaque semaine, d’y trouver des légumes qu’on aime beaucoup, des trucs qu’on ne connaît pas. De découverte de nouvelles recettes aussi, quand je tombe sur un légume inhabituel et que je fais quelques recherches pour trouver une recette qui a l’air prometteuse. Et de découverte de nouvelles saveurs aussi, bien sûr !

Globalement, je suis donc assez convaincue. C’est certes un investissement et on a le risque de tomber sur un légume démoniaque - on peut toujours le glisser dans un autre panier si on sait que c’est quelque chose qu’on ne mangera pas - mais c’est rigolo (et c’est un petit geste pour la planète, ce qui ne gâche rien).

Bref, pour le moment, je pense continuer - mais on verra si je dirai toujours la même chose en février !